L'histoire des églises fortifiées commença lorsque le roi Géza II de Hongrie fit appel à plus de 2500 colons d'origine allemande afin de protéger et développer la partie sud-est de la Transylvanie, "le pays au-delà des forêts", un plateau fertile entouré des Carpates. Un document de 1224 issu du Roi André II appelé "les lettres d'or de la liberté" ou "Andreaneum", donnèrent à ces colons, connus sous le nom de Saxons, des droits et privilèges qui assurèrent leur autonomie et le développement des villages.

Depuis le tout début les églises jouèrent un rôle important dans la vie des nouvelles communautés, qui connurent un développement social et commercial spectaculaire sur une période relativement courte. L'année des premières invasions ottomanes en 1395 fut suivie par presque un siècle de dévastations causées par les attaques successives. Cette situation, entre Orient et Occident, causa à la Transylvanie de difficiles périodes à vivre.

Avant même les incursions turques, contre les diverses attaques des Tatares mongoles la première fois au 13ème siècle, les Saxons avaient cherché un moyen de défendre leur vie et leurs biens. Ils avaient choisi les murs des églises comme ultime refuge, précédant mêmes les mots de Luther "Ein feste Burg ist unser Gott", "Un fort rempart est notre Dieu". Ce choix s'explique entre autre de par les ressources plus limitées des campagnes privées de pouvoir financier. C'était aussi un choix stratégique puisque l'église était le bâtiment le plus large et le plus haut du village, capable de contenir tous les habitants. Son emplacement central permettait à chacun d'atteindre le refuge au plus vite en cas d'attaque.

C'était une protection divine également. Au Moyen Age en effet, c'est dans l'église que les habitants se sentaient le plus en sécurité. La bulle papale issue de Nicolas II mentionnait que les personnes chassées par les autorités, meurtriers et arnaqueurs seraient accueillis dans les églises, tandis que quiconque tenterait d'y pénétrer par la force serait excommunié.

Au cours des décennies suivantes, les églises furent rénovées et même en partie reconstruites, en fonction du pouvoir économique et social de chaque communauté, afin de devenir de réelles forteresses capables de protéger les villageois dans les périodes de siège.

Les clochers devinrent des tours de guet pourvues d'embrasures et de chemin de ronde formant ainsi la ligne de front défensive. La nef pouvait être rehaussée et fortifiée, assurant également un rôle défensif. Au-dessus de l'autel, un niveau défensif était érige, lui aussi doté de positions de tirs.

Au 15ème siècle, des éléments spécifiques furent construits toujours dans un rôle défensif : bastions, différents types de tours, fosses, zwingers, etc. Des remises pour conserver et stocker la nourriture, sortes de garde-mangers en commun, furent aménagées dans les remparts.

Les églises ne recouvrèrent leur disposition religieuse exclusive que cinq siècles plus tard, après la dernière incursion turque de 1788. Malgré les nombreuses épreuves, les Saxons réussirent à faire évoluer leurs communautés politiquement et économiquement grâce à leurs aptitudes artisanales et leur application. Les villages se développèrent. Souvent les jeunes gens étaient envoyés étudier à l'étranger et rapportaient leur connaissance sur les nouvelles découvertes scientifiques au sein de la communauté saxonne.

"Même si les églises fortifiées n'assumaient plus de rôle défensif à partir de la fin du 18ème siècle, elles continuèrent à être précieusement entretenues par les villageois. Conscients que leur propre identité n'aurait pas pu être préservée en l'absence de la protection apportée par les églises fortifiées, les communautés locales s'accordèrent à reconnaitre la valeur identitaire culturelle des ces monuments." Hanna Derer (2001)

Les tristes événements de la deuxième guerre mondiale bouleversèrent l'Europe entière et marquèrent aussi le début de la fin de 800 ans d'histoire, celle des Saxons de Transylvanie. Après les déportations russes débuta l'exode, conséquence des conditions établies par le régime communiste. Puis la chute de Ceausescu en 1989 permit l'ouverture des frontières pour la dernière vague d'immigration des Saxons, principalement vers l'Allemagne réunifiée.

En reconnaissance à ce patrimoine unique, 7 des 150 églises fortifiées sont inscrites sur la liste du patrimoine universel de l'UNESCO. D'autres organisations essaient aussi désormais de restaurer plusieurs sites  pour sauver de l'oubli les restes de la culture des Saxons.

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