La légende raconte que lorsque les premiers Saxons sont arrivés au bord de la rive Cibin, le site pour la première église a été choisi à l'endroit où deux " greavi " (des petits nobles Saxons) ont croisé leurs épées en faisant le serment que leur peuple travaillerait et gouvernerait ces terres jusquà la fin des temps. Leurs épées furent envoyées à Orastie et à Drăuşeni, les deux villes représentant de façon symbolique les confins de la terre donnée par le roi Hongrois. Avec le temps, les deux épées ont disparu, celle de Drăuşeni a même été remplacée par une épée de cavalerie du XVIIème siècle, égarée à son tour pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Tout ce qui nous reste est une photo de l'épée de Drăuşeni et de son gardien, et les blasons de Sibiu et Orastie dont le symbole représente des épées croisées. En 1936, une épée longue de 170 centimètres se trouvait encore dans le chœur de l'église. C'était sans doute celle qu'avait dessinée Martin Schlichting au milieu du XIXème siècle.

La première attestation documentaire de la localité se trouve dans les textes des privilèges accordés aux Saxons du Siège de Sibiu par le roi André II en 1224. En ce temps-la on mentionne juste "terra Daraus" appartenant au Siège de Rupea. Il est probable qu'à cette date il y ait déjà eu une petite basilique romane découverte à la suite de recherches archéologiques en 1972 et datée du début du XIIIème siècle. Cette basilique était composée d'une nef, un chevet semi-circulaire et une tour sur le côté ouest.

Vers la fin de ce siècle, environ l'an 1280, fut construite la basilique dédiée à St. Nicolas un peu plus au sud du premier sanctuaire. L'église disposait d'un vaisseau principal plafonné séparé de ses bas-côtés par des arcs en plein cintre reposant sur des piliers, d'un chœur carré avec abside, d'une tour au-dessus de la première travée de la nef. L'accès se faisait au rez-de-chaussée de la tour par un portail en plein cintre surmonté d'une archivolte et voussures reposant alternativement sur des colonnettes et pilastres de modeste modénature. Les chapiteaux sont d'un seul bloc en gré disposé à l'horizontal. Le tympan comporte une embrasure trilobée dans sa partie inférieure,  et un bas-relief dans sa partie supérieure avec des "Dragons affrontant les tiges" aux yeux des uns, ou "des oiseaux affrontant les tiges" aux yeux des autres. On notera le parallèle avec le tympan trilobé du le portail sud de l'église de Harman. Le dernier niveau de la tour présente une rangée d'arcatures aveugles sur l'extérieur.

La nef centrale est ouverte au niveau supérieur par quatre fenêtres géminées de chaque côté, chaque baie est composée de trois colonnettes avec des chapiteaux bourgeonnants sur celles du milieu. Les collatéraux étaient couverts de voûtes d'arêtes. Sur le côté méridional se tenaient deux rangées de tribune. Une autre tribune se trouvait à l'étage de la tour-porte dont le rez-de-chaussée était également couvert d'une voûte d'arête. L'accès à la tribune se faisait par un escalier en spirale dans l'épaisseur occidentale du bas-côté sud.

Une fresque du XIVème siècle sur laquelle sont représentées des scènes de la légende de la Ste Catherine d'Alexandrie est visible sous le crépi remontant à la période de conversion au protestantisme.

En 1494, la Caisse de la Province de Sibiu et de ses Sièges accorda une aide financière de 11 florins qui étaient destinés à entreprendre des travaux de grande envergure. On suppose donc que la fortification de l'église a commencé à cette période. L'abside fut entourée de pans rectangulaires si bien qu'elle ne forme plus qu'un avec le chœur. Deux contreforts ont été flanqués à la jointure du chœur et du chevet au-dessus duquel fut aménagé un chemin de ronde en encorbellement sur les trois façades. Dans le prolongement des vaisseaux latéraux, une enceinte rectangulaire et des tours de plan carré au nord-est et au sud-est ont été bâtis, et deux autres tours ont été élevées au-dessus des collatéraux dans leur partie occidentale. L'enceinte entourait la partie ouest de l'église pour former une barbacane ou ayant un passage accessible depuis l'entrée dans la nef. A la même période, la tribune située à l'étage de la tour ouest a été comblée et le toit du vaisseau principal a été remplacé par une voûte en briques reposant sur des colonnes, de brique elles-aussi. 

Dans le premier quart du XVIIème siècle (probablement entre 1611-1621) de nouveaux travaux ont été entrepris. Une enceinte ovale entre 6 et 8 mètres de haut a été élevée, ainsi que 5 tours et un chemin de ronde reliant l'ensemble. L'accès à l'enceinte se faisait par le rez-de-chaussée de la tour ouest, dont on suppose deux pont-levis à l'intérieur.

De par cette fortification massive motivée par les besoins contemporains de la communauté, les éléments édifiés dans un but défensif plus d'un siècle auparavant ont été démantelés. On mit à terre l'enceinte rectangulaire et les tours " à l'exception de celle située au-dessus de la nef centrale " ainsi que les vaisseaux latéraux, dont seules les deux dernières travées au sud ont été maintenues. L'une dispose d'un accès intérieur tandis qu'une ouverture en-dessous de la tour permet l'accès à la seconde, séparée de la nef. Lors de la visite de George Oprescu, historien d'art, en 1957, cet espace ci-dessus nommé était utilisé comme dépôt pour " les éléments de maçonnerie et les sculptures romanes non-utilisés lors de la dernière rénovation ". Une grande partie des matériaux a ensuite été réutilisée pour murer les arcades qui séparaient les trois vaisseaux. Sur le côté sud on peut distinguer des fragments de sculptures incorporées aux murs de remplissage, ainsi que les consoles sur lesquelles s'appuyaient les voûtes.  A l'angle des murs sud et ouest on aperçoit également un arc du bas-côté.

On dit que les énormes blocs en pierre à la base des murs de l'enceinte sont profondément enterrés pour empêcher les assaillants de creuser des galeries visant à l'écroulement des murs pendant les sièges.

L'autel de l'église a été réalisé par Johann Folbarth de Sighişoara, il est daté de 1787, année où la chaire a été décorée des peinture représentant des scènes et versets bibliques. L'église a également conservé des stalles peintes du XVII et du XIXème siècles. L'orgue réalisé en 1912 par la compagnie Einschenk de Braşov se trouve aujourd'hui dans l'église de Rupea.

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